Deux climatiseurs de la même marque, posés le même jour dans deux maisons voisines à Hyères, peuvent sortir avec deux taux de TVA différents. Le premier est facturé 20 % sur le matériel et 10 % sur la pose. Le second passe à 5,5 % sur la totalité. La différence ne tient ni au logement ni à l’installateur : elle se joue sur l’étiquette énergie de la machine.
Depuis le 18 juillet 2026, la climatisation réversible (pompe à chaleur air/air) peut bénéficier du taux réduit de 5,5 %, comme les PAC air/eau avant elle. Le dispositif ne couvre qu’une partie du marché, et sur nos devis dans le Var, c’est justement la partie que les clients regardaient le moins : les modèles au-dessus de l’entrée de gamme.
TVA climatisation réversible : ce qui a changé en 2026
Jusqu’à cet été, la règle était simple et défavorable. Une clim réversible posée par un professionnel dans un logement de plus de deux ans était facturée 20 % sur la fourniture et 10 % sur la main-d’œuvre. Les PAC air/air étaient expressément exclues du taux de 5,5 % réservé aux travaux de rénovation énergétique.
La loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, article 92) a ouvert la porte, à condition qu’un arrêté fixe les critères techniques. Cet arrêté, daté du 13 juillet 2026, est paru au Journal officiel le 17 juillet et s’applique depuis le 18 juillet 2026.
Un second texte est passé plus discrètement : l’arrêté du 14 août 2026, publié au JO du 9 septembre (NOR CPPE2620134A), en vigueur depuis le 10 septembre. Il corrige une erreur de rédaction sur les machines de plus de 12 kW. Nous y revenons plus bas, parce qu’il change la lecture des grosses installations multisplit et gainables.
Les conditions pour une TVA à 5,5 % sur votre clim réversible
Les critères sont cumulatifs : il suffit qu’un seul manque pour que le devis repasse à 20 % sur le matériel et 10 % sur la pose. Le tableau reprend chaque exigence et l’endroit où la vérifier.
| Critère | Exigence | Où le vérifier |
|---|---|---|
| Logement | Habitation achevée depuis plus de 2 ans, résidence principale ou secondaire | Attestation signée par le client sur le devis ou la facture |
| Type d’appareil | PAC air/air réversible fixe, installée de façon permanente (mobiles exclus) | Descriptif du devis |
| Monosplit jusqu’à 12 kW | Classe A++ en chauffage ET en refroidissement (SCOP ≥ 4,6 et SEER ≥ 6,1) | Étiquette énergie, les deux modes |
| Multisplit jusqu’à 12 kW | Classe A+ en chauffage ET en refroidissement (SCOP ≥ 4,0 et SEER ≥ 5,6) | Étiquette de la combinaison groupe + unités intérieures |
| Plus de 12 kW, hors toiture | Efficacité saisonnière ≥ 145 % en chauffage et ≥ 250 % en refroidissement | Fiche technique fabricant |
| Pilotage connecté | Consignes programmables à distance par plages horaires, en chaud et en froid | Wi-Fi intégré ou module listé sur le devis |
| Fluide frigorigène | Conforme au règlement F-Gas (UE 2024/573) à la date du devis, ce qui est le cas du R-32 | Fiche technique |
| Fourniture et pose | Matériel fourni et posé par l’entreprise qui facture | Devis unique matériel + pose |
Le piège le plus courant se trouve sur l’étiquette énergie. Elle affiche une classe pour le froid et une autre pour le chauffage, et c’est la plus basse des deux qui compte.
Pourquoi les monosplits d’entrée de gamme passent à côté du 5,5 %
C’est le point que la plupart des articles sur le sujet survolent, et il ne concerne que le monosplit. Le monosplit est la configuration la plus vendue, et c’est aussi la plus exigeante : A++ en chauffage et en froid, les deux à la fois. Beaucoup de machines affichent un beau A++ en froid sur la face visible de l’étiquette et plafonnent à A+ en chauffage. Ça suffit à les exclure.
Sur nos chiffrages depuis juillet, le constat est net : aucun monosplit d’entrée de gamme que nous proposions ne passe les critères. Pour atteindre le 5,5 %, il faut monter d’un cran dans les gammes. Chez Daikin, les listes d’éligibilité diffusées aux installateurs retiennent la Perfera (tailles 20 à 50), la Stylish et l’Emura, alors que la Comfora n’est retenue qu’en tailles 20 à 35. Chez Mitsubishi Electric, ce sont les muraux MSZ-LN, MSZ-EF et MSZ-AY, sauf les tailles 15 et 20 de la MSZ-AY. Chez Heiwa, la Hyōkō 3 passe de la taille 25 à la taille 50, mais pas en taille 70.
Le détail par taille compte autant que la gamme. Une même série peut être éligible en 3,5 kW et recalée en 7 kW, parce que les rendements saisonniers baissent quand la puissance monte.
On a fait le calcul sur nos propres devis : l’écart de prix entre un monosplit d’entrée de gamme et un modèle éligible est en grande partie absorbé par la baisse de TVA. Le client repart avec une PAC air/air au meilleur rendement, plus silencieuse et mieux équipée, pour environ 140 € de plus sur un monosplit. Sur une clim qui chauffe tout l’hiver dans le Var, le SCOP plus élevé se retrouve ensuite sur chaque facture d’électricité.

Monter en gamme sur un monosplit : combien ça coûte une fois la TVA appliquée
Pour mesurer l’effet réel, le plus parlant est de poser les devis côte à côte. L’exemple ci-dessous reprend des montants hors taxes cohérents avec les budgets que nous observons dans le Var en 2026 (de 1 500 € à 3 500 € TTC pour un monosplit, de 3 800 € à 5 200 € TTC pour un bisplit, pose comprise). La pose est identique d’une ligne à l’autre, seul le matériel ou le taux change.
| Configuration | Matériel + pose (HT) | TVA appliquée | Total TTC |
|---|---|---|---|
| Monosplit 2,5 kW entrée de gamme (non éligible) | 1 150 € + 850 € | 20 % + 10 % | 2 315 € |
| Monosplit 2,5 kW gamme supérieure (A++/A++) | 1 480 € + 850 € | 5,5 % | 2 458 € |
| Bisplit (A+/A+), tarif avant le 18 juillet 2026 | 2 350 € + 1 650 € | 20 % + 10 % | 4 635 € |
| Même bisplit depuis le 18 juillet 2026 | 2 350 € + 1 650 € | 5,5 % | 4 220 € |
Sur le monosplit, passer au modèle éligible coûte 143 € TTC pour 330 € HT de matériel en plus. Sans la baisse de TVA, l’écart aurait été de 396 € : le taux réduit en absorbe près des deux tiers.
Le multisplit raconte une autre histoire. Le seuil y est fixé à A+ et non A++, et les bisplits que nous proposons l’atteignent sans changer de gamme. Pas de montée en gamme à prévoir : la même machine coûte simplement 415 € de moins qu’avant juillet. La vérification se fait quand même sur la combinaison exacte du groupe extérieur et des unités intérieures, pas sur le nom de la gamme.
Le calcul inverse donne la mesure de l’oubli. Si le monosplit éligible était facturé par erreur à 20 % / 10 %, il monterait à 2 711 €, soit 253 € perdus pour le client. Sur le bisplit, l’erreur coûte 415 €. Plus le chantier est gros, plus elle pèse.
Multisplit, gainable, plus de 12 kW : les cas qui coincent
Au-dessus de 12 kW de puissance thermique nominale, l’étiquette énergie ne sert plus de référence. Le texte bascule sur l’efficacité énergétique saisonnière, exprimée en pourcentage.
Dans sa version de juillet, l’arrêté réservait les seuils de plus de 12 kW aux seules PAC installées en toiture. Les organisations professionnelles conseillaient donc, par prudence, de ne pas appliquer le 5,5 % aux grosses installations posées au sol. Le correctif du 14 août 2026 a ajouté un seul mot, « sauf », et la phrase dit désormais l’inverse. Depuis le 10 septembre 2026 :
- une PAC air/air de plus de 12 kW hors toiture (split, multisplit, gainable) est éligible si son efficacité saisonnière atteint au moins 145 % en chauffage et 250 % en refroidissement ;
- les rooftops intégrés (chauffage, froid, ventilation, surventilation nocturne et filtration) relèvent de seuils propres, 130 % et 150 %.
Le seuil de 250 % en froid est plus dur à tenir qu’il n’y paraît. Il correspond à peu près à un SEER de 6,3, quand un multisplit classé A+ en froid peut se contenter de 5,6. Un multisplit éligible sous 12 kW peut donc perdre le taux réduit en passant au-dessus.
Pour le gainable, tout dépend de l’architecture frigorifique. Un gainable avec un groupe extérieur et une seule unité intérieure qui distribue l’air dans les pièces est un monosplit : il doit donc atteindre A++ en chaud et en froid. C’est le cas de la majorité des gainables posés en maison individuelle, et ça élimine une bonne partie des références du marché. Les écarts entre gainables sont détaillés dans notre article sur le choix entre mono-split, multi-split et gainable.

Ce qu’un devis à 5,5 % doit afficher
Un devis conforme ne se contente pas d’une ligne « TVA 5,5 % ». Avant de signer, nous recommandons de vérifier quatre éléments :
- La référence exacte de l’unité extérieure et de chaque unité intérieure. L’éligibilité se juge sur la combinaison, pas sur le nom commercial de la gamme.
- Les classes énergétiques en chauffage et en refroidissement, ou le SCOP et le SEER, pour pouvoir les comparer aux seuils.
- La présence du module de pilotage (Wi-Fi ou interface de communication), surtout quand il est vendu en option.
- La mention d’attestation à signer par le client sur l’âge du logement et la nature des travaux.
Un piège que l’on croise : la machine est éligible, mais le module Wi-Fi n’apparaît pas sur le devis. Sans pilotage connecté, un des critères n’est pas rempli et le taux réduit ne tient plus en cas de contrôle. Le risque de redressement porte sur l’installateur, mais c’est le client qui aura signé un devis bancal.
Si vous signez maintenant, gardez un œil sur 2029. À partir du 1er janvier 2029, le règlement F-Gas interdit la mise sur le marché des PAC air/air de 12 kW ou moins utilisant un fluide dont le potentiel de réchauffement dépasse 150. Le R-32 (PRP de 675) sortira alors du dispositif sur ces puissances. Pour une clim posée aujourd’hui, ça ne change rien : la conformité s’apprécie à la date du devis.
TVA à 5,5 %, prime CEE et MaPrimeRénov’ : ce qui se cumule
La TVA réduite s’applique directement sur la facture, sans dossier à déposer ni remboursement à attendre. Elle se cumule avec la prime énergie (CEE) prévue pour les PAC air/air, dont le montant dépend de vos revenus et de la zone climatique. Les deux dispositifs ont des critères différents : une machine éligible aux CEE ne l’est pas forcément au 5,5 %, les exigences de la TVA étant plus sélectives puisqu’elles portent aussi sur le refroidissement.
MaPrimeRénov’ par geste reste fermée aux PAC air/air : une clim réversible installée seule n’y ouvre pas droit, même avec le nouveau taux de TVA. Elle ne peut entrer dans le calcul qu’au sein d’une rénovation d’ampleur, avec le parcours accompagné.
Avant de comparer les devis, le plus utile reste de connaître le budget d’ensemble d’une installation dans la région : les fourchettes détaillées sont dans notre article sur le prix d’une climatisation réversible à Toulon en 2026, et les étapes du chantier dans le guide complet de l’installation d’une climatisation.
Reste la question qu’on nous pose le plus depuis juillet : faut-il attendre une baisse de prix ? Pas sur ce point. Le taux réduit est en place, et les gammes éligibles sont disponibles chez les trois fabricants que nous posons. La vraie variable est le choix de la machine, que nous détaillons sur notre page pompe à chaleur air/air et climatisation réversible.

FAQ – TVA climatisation réversible à 5,5 %
Quel est le taux de TVA sur une climatisation réversible en 2026 ?
Puis-je avoir la TVA à 5,5 % si j’installe la clim moi-même ?
Combien économise-t-on avec la TVA à 5,5 % sur une clim ?
La TVA à 5,5 % s’applique-t-elle dans un logement neuf ?
L’entretien d’une clim réversible est-il aussi à 5,5 % ?
Critères issus de l'article 278-0 bis A du CGI, de l'arrêté du 13 juillet 2026 (JO du 17 juillet 2026) et de l'arrêté correctif du 14 août 2026 (JO du 9 septembre 2026, NOR CPPE2620134A). Exemples de calcul établis sur des montants HT cohérents avec les budgets Innovasun constatés dans le Var en 2026, pose comprise. Textes vérifiés le 7 octobre 2026.



